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Une parution et des projets d’écriture pour 2019

Puisque 2019 a démarré, parlons projets.

Revenons d’abord à ce dont je parlais il y a quelques semaines. En novembre je m’étais lancée dans le NaNoWrimo. J’avais en tête d’écrire le premier jet de la suite de L’Envol du phœnix, mon quatrième roman qui paraîtra en février. Les mots noircissaient les pages à toute allure, c’était génial. Puis subitement, l’inspiration s’est tarie. Je me suis retrouvée bloquée au bout de trois chapitres, soit 22 pages A4, soit 74 795 signes (espaces comprises). Comment poursuivre ? Je n’en avais pas la moindre idée. Voilà. Le NaNoWrimo s’est arrêté pour moi aussi brutalement qu’il avait commencé. J’ai quand même réussi à poser pas mal de choses, notamment deux personnages principaux et plusieurs personnages secondaires, de façon très superficielle. Tout manquait de profondeur, d’envergure, de matière… de travail préparatif, en somme.

En septembre, j’avais appris, au cours d’un atelier d’écriture (ça a été l’une de mes meilleures idées de l’année 2018, ça : m’inscrire à des ateliers d’écriture !), l’existence de la technique du flocon de neige. Après étude de la chose, très bien expliquée ici : la méthode du flocon de neige et ici : Méthode du flocon de neige pour écrire un roman, je me suis dit que j’avais là LA solution pour extraire de mes idées floues l’essence de mon futur roman. Il allait falloir que je m’y penche sérieusement.

Fin novembre et durant tout le mois de décembre, j’ai mis l’accent sur mon projet de création de maison d’édition, dont je parle ICI. Élargir mon réseau, rencontrer différents acteurs de la chaîne du livre, commencer mon business plan et lancer une étude de marché… J’ai aussi activement parlé de mes trois premiers romans publiés : La Légende du futur, Éprise au piège et Comptes à rebours, sur les réseaux sociaux et tout autour de moi. J’ai même créé un compte Instagram. Et puis j’ai aussi contacté un maximum d’associations, de mairies et de librairies pour organiser des séances de dédicaces en 2019, à l’occasion de la sortie de L’Envol du phœnix.

Les fêtes de fin d’année m’ont vue arriver totalement HS, mais à cœur vaillant rien d’impossible ! J’ai mis à profit les vacances de Noël pour cuisiner (un peu), passer du temps en famille et lire (beaucoup), me reposer et dormir (passionnément), et bien sûr écrire (à la folie). J’ai suivi, étape par étape, la fameuse méthode du flocon de neige. Son nom tout doux est parfait pour une façon d’aborder la préparation d’un roman tout en douceur, avec patience et amour. En quinze jours j’ai ainsi brossé quatre personnages principaux et deux personnages secondaires. J’ai écrit toute la trame détaillée de ce « Roman 5 » (au titre non défini à ce jour),  les rebondissements, les événements clés, pas mal de détails importants et une bonne partie des décors. J’ai même écrit quelques scènes qui me venaient pendant la préparation des personnages. J’ai vraiment passé des heures extra autour d’eux, à les imaginer, à réfléchir à ce qui les faisait vibrer, à leurs caractères… Là encore c’est un exercice proposé régulièrement pendant les ateliers d’écriture et ça permet une approche beaucoup plus fine d’une histoire et de son écriture.

Aujourd’hui la préparation de ce cinquième roman est terminée. Il ne me reste plus qu’à l’écrire, ce à quoi je me consacrerai fin février, début mars, après la parution de L’Envol du phœnix. Car à présent c’est à lui que je dois me consacrer : aux dernières corrections en vue de sa parution à la mi-février et à sa promotion, tout en reprenant mon marathon de porteuse de projet de maison d’édition.

Et, pour commencer, je ne résiste pas à l’envie de vous présenter, en photo d’illustration de ce billet, deux des personnages de cette épopée : Svéa et Kaléya, les dernières représentantes d’une civilisation extraterrestre qui s’est éteinte mystérieusement…

(Photos trouvées sur Pinterest et légèrement modifiées par mes soins.)

 

« Otage de ma mémoire », de Marilyse Trécourt

Quand je ne lis pas de science-fiction, de fantasy ou de fantastique, d’essais en tous genres ou de livres et documents scientifiques, j’aime particulièrement les livres qui racontent comment un personnage malmené par la vie parvient à surmonter ses problèmes, rencontrer l’amour, vivre un amour impossible, résoudre des énigmes, découvrir les secrets de son passé, de son histoire familiale, et s’en sortir plus fort et grandi. Je préfère d’ailleurs les fictions aux biographies et aux livres de développement personnel (encore que ça dépende desquels…). Certes, il n’y a pas le mot « science » devant, mais seul « fiction » suffit à me faire voyager. Pour faire court, j’ai des goûts éclectiques, donc.

Ma première lecture de l’année est Otage de ma mémoire, de Marilyse Trécourt. Cela faisait un moment qu’il m’appelait à le lire, un moment qu’il attendait son tour sur l’étagère : je l’ai acheté lors de la fête du livre du Var voilà plusieurs semaines, directement à l’auteure, avec une dédicace en prime, hé hé. Mais le pauvre est passé après l’excellent 99 % des Français baisent comme des communistes, dont je reparlerai bientôt : oui, il y a des priorités, dans la vie… ^^

Quand j’ai ouvert Otage de ma mémoire je n’ai plus pu le poser. J’ai pourtant bien été obligée de faire une pause, pour dormir et prolonger le plaisir de cette lecture étonnante sur deux jours.

Voici la quatrième de couverture :

« En se réveillant ce matin-là dans un lit d’hôpital, tous ses souvenirs ont disparu. Sa voix également. Qui est-elle ? Que lui est-il arrivé ? Pourquoi personne ne s’inquiète de son absence ? Quelles sont les réelles motivations de ceux qui prétendent l’aider ? Et surtout, pourquoi l’éventualité de retrouver la mémoire l’effraie-t-elle autant ?

On lui propose de lui donner un nom, Arielle. Et de retrouver le fil de sa vie grâce à l’hypnose. Au cours de ces séances, lui reviennent peu à peu des fragments de son identité et des joies et drames qu’elle a vécus. Mais quand les souvenirs et la réalité ne semblent plus concorder, Arielle comprend que le destin s’obstine à l’égarer…

De rebondissement en rebondissement, plongez dans la vie tourmentée de cette jeune femme amnésique où se côtoient amours naissantes et traumatismes surgis du passé. Un récit haletant qui vous prendra en otage jusqu’à la dernière page ! »

Ce livre frôle la perfection, tant dans la structure du récit, que dans la narration, ou encore dans la composition des personnages, et bien sûr dans l’histoire elle-même, pleine de suspense, d’émotions, de tragédie, d’humanité, bref, de densité. Et je n’ai relevé qu’une coquille, un « 2015 » au lieu d’un « 2005 ». Rien du tout, quoi. Quasi parfait, je vous dis.

L’héroïne, amnésique suite à un accident, teste, au cours de son séjour à l’hôpital, un nouveau genre d’hypnose avec un médecin avant-gardiste. Les souvenirs de son passé lui reviennent lors de ces séances. Le lecteur est mis dans la confidence de ces souvenirs très clairs, durs et émouvants. Quand Arielle se réveille de l’hypnose, elle ne se rappelle quasiment de rien ! Elle a tout oublié, hormis des mots griffonnés sur un calepin et des dessins qui ne lui disent rien. Mais le lecteur sait tout ! C’est tellement rare qu’un lecteur en sache plus qu’un personnage sur sa propre vie qu’on se sent privilégié et c’est vraiment très plaisant. On a envie qu’Arielle retrouve les clés de sa mémoire, elle aussi, qu’elle ne soit pas démunie, perdue, désespérée parce que son identité se dérobe sans cesse, qu’elle cesse d’être abandonnée par son propre esprit ! Pour l’aider, une seule solution : lire le livre, tourner les pages, la prendre par la main et l’entraîner avec nous vers la résolution des mystères qui entourent sa vie.

L’autre point qui m’a beaucoup plu est que chaque personnage a sa propre envergure, sa propre identité, jusque dans les dialogues où chacun ressort très clairement en fonction de son caractère, de sa façon de parler, ou de ne pas parler.

Et puis il y a ce rebondissement terrible, vers la fin. On pensait qu’Arielle avait trouvé un rivage paisible où recouvrer la mémoire, mais non ! C’était un leurre ! Alors on replonge avec elle dans l’angoisse, la désespérance de s’être accrochée à des chimères et de devoir repartir de zéro. Dans ces conditions, il est impossible de poser le livre pour souffler deux minutes. D’autant que chaque chapitre se termine par une ouverture. Alors en effet, ce roman, une fois entamé, vous happe jusqu’à la dernière page sans vous laisser de répit.

C’est le deuxième roman que je lis de Marilyse Trécourt, après Vise la lune et au-delà. Ils sont tous les deux d’un genre différent, mais tous les deux portent le même message : on a tous en nous la force et la lumière nécessaires pour transformer nos vies.

Si vous aimez les romans à suspense, les personnages chahutés par la vie, un soupçon de policier, une dose de romance, des drames, et beaucoup de chaleur humaine, je ne peux que vous conseiller de lire ce roman. Il est idéal pour démarrer l’année en beauté.

Otage de ma mémoire, de Marilyse Trécourt, éditions Carnets Nord. 252 pages pour la version brochée, 16 €.

 

 

 

 

L’étrange Monsieur Wolff

Wissembourg, commune du Bas-Rhin de plus de 7 700 habitants, un soir de janvier 2019. La neige avait recouvert les toits des maisons et drapé les rues d’un manteau silencieux. Il était difficile de circuler entre les habitations aux croisillons typiques. Les lampadaires crachaient une lumière blafarde. Un vent froid caressait le sol et emportait parfois des poignées de flocons. Les gens s’empressaient de rentrer chez eux en resserrant leur col autour de leur cou ou en abaissant leur bonnet sur leur front. Il n’y avait aucun bruit, les sons étaient étouffés par la neige.

Othon Wolff, comme tout un chacun, rentra chez lui après une banale journée de travail à l’imprimerie. Il était encapuchonné dans un long trench coat noir et parcourait péniblement le chemin à pied, perdu dans ses pensées. Il pressa bientôt le pas sous l’assaut du vent glacial qui forcissait. Au détour d’une rue, il entendit des pas précipités. Il n’eut pas le temps de se mettre de côté, qu’une ombre le bouscula. Othon leva les yeux, leurs regards se croisèrent. Un souvenir apparut soudain dans son esprit, à la manière d’un flash. Le visage de l’inconnue lui rappela quelque chose. Elle s’excusa aussitôt et s’éloigna tout aussi vivement qu’elle avait surgi, s’enfuyant presque. Othon n’eut pas le temps de la retenir de la voix qu’elle avait déjà disparu. Il resta interdit quelques minutes, le visage fouetté par la bise, le regard accroché dans la direction où elle s’était évanouie. Personne ne la poursuivait… Othon se renfrogna et reprit sa route.

 

Quelques jours après, l’incident déjà oublié, Othon reçut son ami Franz à dîner. Son seul ami depuis l’enfance, un geek invétéré passionné de vampires. Ensemble, ils avaient vu tous les films sur le sujet, lu tous les livres qu’ils avaient pu trouver, écumé tous les jeux vidéos existants.

Othon sortit un plat du four. Franz, humant le fumet délicieux, s’en lécha les lèvres et saisit ses couverts avec appétit. Othon remplit leurs assiettes et s’installa à table. Franz se régala d’une bouchée et soupira de plaisir en fermant les yeux.

— La vache, Othon ! Qu’est-ce que c’est bon !

— Je suis ravi que ça te plaise ! Pour une fois, j’ai voulu cuisiner moi-même et je t’ai préparé mon plat préféré : du rat mariné aux olives !

Franz s’étouffa avec sa bouchée et en recracha immédiatement la moitié.

— P’tain, Othon ! C’pas possible ! T’as pas fait ça ?

— Ben si ! Tu viens de dire que c’était super bon !

— Mais c’est immonde ! Et les maladies que véhiculent ces bestioles ? Tu imagines ?

— Tout le monde sait bien que l’essentiel est de cuire la viande à température élevée pour tuer les germes. T’inquiète, tu ne seras pas malade, lui assura Othon avec un aplomb déconcertant.

Franz leva un sourcil d’un air dubitatif et posa un regard suspicieux sur son assiette. Il n’eut pas l’occasion de répliquer, que des coups frappés à la porte les firent sursauter. Othon alla ouvrir. Devant lui se tenait le clone de Sherlock Holmes, cet illustre enquêteur anglais un peu pédant, d’une intelligence rare.

— Monsieur Wolff ?

— Oui, c’est bien moi, confirma l’intéressé. Que puis-je pour vous ?

— Je suis de passage dans la région et j’enquête sur les récentes disparitions qui ont eu lieu par ici.

Il sortit sa carte de police pour convaincre Othon de son identité.

— Puis-je entrer ? Ça ne prendra que cinq minutes.

Othon acquiesça et libéra le passage. Le clone de Sherlock pénétra dans la demeure et salua Franz d’un signe de tête, avant de reprendre :

— J’aimerais que vous identifiiez une personne sur une photo.

Il tira le cliché de sa poche, le tendit à Othon, et pointa un visage de l’index.

— Vous souvenez-vous de cette femme ?

Othon eut un choc. Il reconnut les deux personnes. Le « lui » de ses rêves, plus âgé que ses 27 ans actuels, et cette femme qui lui était rentrée dedans un soir de la semaine précédente et à laquelle il songeait toutes les nuits depuis…

– Hélène Destrem –

Ce texte est l’amorce d’une histoire en projet.

Othon Wolff (de « odo » qui désigne en germain « la richesse » et « wolf » qui signifie « loup » en allemand et anglais, notamment) est un personnage créé dans le cadre du tout premier atelier d’écriture auquel j’ai participé l’année dernière. Il est désormais un personnage récurrent dans mes textes.

Photo d’illustration : décorations de Noël 2018 en Alsace trouvée dans Google Images, SOURCE ICI.

Et c’est avec ce texte que je vous souhaite une :

Bonne Anné 2019

Une rencontre inattendue

Participer à des ateliers d’écriture est l’une des meilleures idées que j’ai eues en cette fin d’année 2018. Quatre mois que je m’y suis mise et j’aime vraiment ces moments de production dirigée mais sans filtre. On y laisse libre cours à notre fantaisie, à notre imagination brute, à ce qui nous passe par la tête à un instant T. Rien de mieux pour titiller les neurones et susciter la créativité !

Travailler sur des fiches personnages, créer des décors, des ambiances, pointer du doigt un moment de vie, un instantané, apprendre des techniques d’écriture ; tous les textes produits sont de petites pépites. Les logorallyes sont amusants, les textes construits autour des personnages donnent lieu à la naissance de mondes insoupçonnés. Parmi ces personnages est né un certain Othon Wolff, imprimeur le jour et vampire la nuit… un personnage qui me plaît beaucoup et dont je reparlerai l’année prochaine.

Mais aujourd’hui, en ce jour de Noël, voici un tout autre personnage construit à partir d’une photo. L’exercice, proposé par Marilyse Trécourt, écrivain, consiste, après avoir détaillé ses caractéristiques principales, à raconter comment on l’a rencontré, le jour de Noël.

***

Une rencontre inattendue

Le centre commercial dégoulinait des musiques de Noël traditionnelles, entre décorations scintillantes et strass éblouissants. J’étais installée à une table du « Pain délicieux », mon repaire, là où je me posais toujours en sortant du boulot. Ce 25 décembre était désert. Tout le monde s’était réuni en famille, avait ouvert ses cadeaux, profitait d’un jour de repos bien mérité.

Vieille fille à 49 ans, j’avais demandé à travailler aujourd’hui, plus pour ne pas rester seule chez moi que pour l’attrait d’un salaire majoré. Même si ça comptait un peu quand même. Je songeai à cette famille que je n’avais pas quand quelqu’un se prit les pieds dans ma table. Je retins mon café de justesse et pestai un « p’tain ! » des plus agacés. Je levai les yeux sur un homme vêtu comme un sac d’une chemise débraillée et d’un pantalon en flanelle qui semblait être d’un parfait inconfort. Le teint hâlé des hommes qui passent leur vie dehors, la peau grasse de ceux qui ont oublié d’user du savon, les yeux injectés de ceux qui voient trop passer de vinasse. Encore un égaré de la vie…

D’une voix claire et ferme, il s’exclama : « Veuillez m’excusez ! Je suis vraiment confus ! » Le langage contrastait subitement avec le personnage que je venais de m’imaginer. Je me déridai soudain. « Mon café est resté contenu, donc je vous pardonne, mon brave ! » Mon brave ? Pourquoi avais-je dit cela ? Sur un ton condescendant, en plus ! Il me lança un regard étonné. Je piquai un fard aussitôt et je souris, embarrassée.

Brusquement je le reconnus. J’avais déjà vu sa photo à plusieurs reprises dans la presse. C’était lui que les médias surnommaient « l’Acharné ». Un bourreau de travail, un chef d’entreprise dont j’admirais le parcours depuis quelque temps. Quelle surprise de le voir au naturel, sans les filtres du maquillage et des retouches Photoshop pour masquer ses traits ! Ces faussaires de l’image vous transformaient un homme. Il avait vraiment plutôt l’air d’un pauvre type halluciné, là !

Mon sourire le dérida. « C’est la première fois qu’on me surnomme ainsi ! », releva-t-il amusé. Contre toute attente, il me tendit la main et déclina ses nom et prénom, qui confirmèrent la justesse de mon analyse. « Gilles Blanc. Savez-vous que vous êtes la première personne à me parler de façon naturelle depuis cinq ans ? »

Non, je ne le savais pas. Sa posture de PDG renommé le plaçait donc sur un tel piédestal que personne n’osait plus lui parler comme à un simple être humain ?… ou bien se plaçait-il lui-même au-dessus des autres, suscitant ainsi la retenue, la froideur ?… ou mettait-il les gens à distance pour des raisons plus intimes ? Soudain j’eus envie de tout connaître de lui. Soudain je réalisais que cet homme me fascinait.

Il me regardait et je me souvins qu’il m’avait posé une question. Je pris sur moi pour lui répondre de la façon la plus détachée possible, alors que mon cœur s’était emballé dans ma poitrine, intimidée que j’étais soudain : « Ah ? Vous êtes donc entouré de robots ? » Il rit. D’un rire franc, telle une cascade d’émotions libérées tout à coup. « Vous ne croyez pas si bien dire ! Ne bougez pas, je vais commander de quoi manger et je reviens… » Je n’avais aucunement l’intention de m’en aller. Je venais d’arriver ! « … Sauf si bien sûr ma compagnie vous importune », acheva-t-il prudent.

Quel galant homme, vraiment ! Une perle rare venait d’entrer dans ma vie. Il était de ceux qui s’adressent aux femmes avec un charmant et désuet savoir-vivre. Cela me changeait tellement du langage éructé, haché et massacré des hommes d’aujourd’hui ! C’était tout ce dont j’avais besoin. Le Père Noël existerait-il, finalement ?

– Hélène Destrem –

 

Image d’illustration trouvée ici : Médiathèque de Ploërmel.

L’idée et les personnages de « Comptes à rebours »

Dans le cadre de ce mois de décembre où je mets en avant mes romans, semaine après semaine, sur Facebook, je détaille certains points du roman, de l’idée aux personnages, afin de vous présenter mon troisième livre Comptes à rebours, après La Légende du futur et Éprise au piège.

  1. Comment m’est venue l’idée de Comptes à rebours ?

Écrire ce roman est une idée de Fred Daviken, qu’il m’a soumise fin 2015, peu après que notre maison d’édition commune ait été placée en liquidation judiciaire. Nous avons d’ailleurs fait connaissance par le biais de cette mésaventure dans nos parcours éditoriaux.

Il souhaitait écrire un roman à quatre mains, une histoire narrée par chacun de nous du point de vue de notre propre personnage, qui compléterait ainsi l’histoire de l’autre. Deux romans parallèles et indissociables… 
Il voyait une histoire enlevée, au rythme soutenu s’accélérant au fil des chapitres, au rythme du compte à rebours qui allait entraîner nos héros jusqu’au « zéro » final.
L’idée était alléchante, et malgré le fait que j’avais déjà entamé l’écriture de L’Envol du phœnix (mon prochain roman qui paraîtra en février 2019), j’ai accepté le défi.
Nous avons choisi d’écrire un chapitre par semaine, histoire d’être dans l’instantané, dans le vif, autant que devaient l’être nos personnages. Nous publiions nos écrits chaque semaine sur FB, d’ailleurs. C’était tout à la fois stimulant, amusant et source d’une certaine pression, parfois, étant donné nos vies : le travail, la famille, la quotidien, et une formation pro en cours pour moi. Pas simple de tout conjuguer.
L’écriture de ce roman a aussi été un vrai challenge car il a fallu, à maintes reprises, faire des compromis afin d’accorder au mieux nos deux styles d’écriture et nos deux approches de l’écriture, des personnages, de ce que chacun de nous voulait faire de l’histoire. Fred voulait un roman court, j’ai poussé l’aventure un peu plus loin pour obtenir un roman plus dense, plus riche, sans perdre le peps que nous voulions mettre dans la narration.

C’était une belle idée, une belle expérience ; Comptes à rebours a été une belle aventure, dans tous les sens du terme.

2. Les personnages de Comptes à rebours

Émilie : c’est l’héroïne de mon roman ; le personnage secondaire du roman de mon collègue auteur. Elle est de taille moyenne et son physique est banal, hormis un tatouage sur le poignet, auquel elle ne fait plus attention, et une petite fossette sur la joue quand elle sourit. Elle vient de se faire licencier par le journal qui l’employait dans l’Ain. Sans attache, sans famille, elle rejoint une amie à Paris, pour repartir du bon pied. Du moins l’espère-t-elle. C’est là, à peine arrivée, qu’elle va tomber sur…

… Malik : c’est le personnage secondaire de mon roman ; le personnage principale du roman de mon collègue auteur. Il est d’origine franco-algérienne, très Parisien. Il travaille dans la communication pour une entreprise importante. Sa rencontre avec Emilie va le faire basculer dans une course-poursuite contre la montre.

Caroline : c’est l’amie parisienne d’Émilie. Infirmière, elle est toujours d’un grand soutien pour sa jeune amie provinciale un peu paumée.

Sandra : c’est la tante d’Émilie. Elle a une cinquantaine d’années, elle est divorcée et est passionnée d’équitation. Elle habite en Charente et va lui proposer un travail et un toit. Elle va ainsi faire entrer dans sa vie toute une série d’imprévus.

Maxime : c’est l’ex-compagnon d’Émilie dont il vaut mieux ne pas croiser la route…

Je vous invite à découvrir plus amplement tous ces personnages en ouvrant le roman.

Comptes à rebours, 136 pages, édition indépendante.

Couverture_Kindle

 

Extraits de « Comptes à rebours »

Chapitre 10 – extrait 1 :

« Paris. La première chose qui saisit Émilie en descendant du train à l’aube fut l’odeur. Cette odeur de pollution qui vous prend à la gorge et vous étouffe, telle une main vaporeuse s’insinuant autour du cou et glissant le long de la trachée en un mouvement empoisonné. La vache ! Qu’est-ce que ça pue !, fut sa première pensée parisienne. Elle toussa deux, trois fois pour dégager ses poumons, sans succès. Elle était « dedans », elle devait se résigner. Durant une seconde elle pensa rebrousser chemin, s’abriter dans l’air sain du wagon, et repartir en sens inverse en direction de sa campagne. Une chimère. Il n’était plus possible de faire machine arrière. Elle devait profiter de la vie animée de la capitale pendant ses prochains jours de vacances forcées. Virée, la pigiste du journal local de Treffort-Cuisiat.

Traînant ses deux valises, une noire et une rose – toujours de la couleur avec le noir, toujours ! – et retenant sa besace et un sac à dos sur chaque épaule du mieux qu’elle le pouvait, elle traversa la gare de Lyon balayée par les courants d’air. Quelques coups d’œil suffirent à lui permettre de s’orienter, la gare n’ayant rien d’un labyrinthe. Bien vite elle se retrouva à l’extérieur, sur la place Louis-Armand baignée de lumière. Il faisait un temps magnifique et frais à cette heure matinale du printemps. Elle resserra le foulard autour de son cou d’un geste machinal.

L’amie chez qui Émilie était venue passer quelques jours n’habitait pas loin de la gare à vol d’oiseau. La provinciale à peine débarquée aurait été bien en peine, malgré tout, de rejoindre l’appartement à pied. Même aidée d’un GPS Émilie était capable de tourner pendant de longues minutes autour de sa destination, tant elle ne savait pas s’orienter… Elle saisit son téléphone et envoya un SMS à Caroline. Celle-ci répondit peu après ; elle arrivait. Quelques instants plus tard, la voiture de son amie parisienne se gara contre le trottoir. Caroline en descendit en courant.

— Salut Émilie ! Bienvenue à Paris ! lança-t-elle tout en l’embrassant gaiement.

— Salut Caro….

— Allez, fais pas cette tête ! Ça va s’arranger, tu verras.

— Si tu le dis… soupira-t-elle à travers une grimace qui s’apparentait à un sourire.

Chapitre 8 – extrait 2 :

« De retour à l’Hôtel des Isles, ils refirent l’amour, mais ils dormirent aussi davantage que la nuit précédente. L’un contre l’autre, ils semblaient avoir atteint leurs rivages respectifs.

Au matin, Isabelle frappa et entra dans leur chambre sans attendre de réponse. Ils avaient oublié d’accrocher l’affichette « Ne pas déranger » à la poignée de la porte, et comme Malik avait commandé le petit déjeuner en chambre la veille au soir… La serveuse les aperçut nus, entremêlés dans les draps, endormis sur le sol. Émilie et Malik se réveillèrent brusquement et se dissimulèrent autant que possible sous les tissus. Isabelle se confondit en excuses, posa le plateau sur une table et s’éclipsa rapidement, alors qu’ils riaient et lançaient des « Y’a pas d’mal ! ». Ils prirent tout leur temps pour finir de se réveiller, entre caresses et baisers. Ils prolongèrent autant que possible cette dernière matinée face à la mer. Émilie luttait une nouvelle fois contre sa mélancolie sous-jacente, insistante. Profiter de chaque instant ensemble, jusqu’à la dernière minute, sans gâcher ces moments par une tristesse inutile, une tristesse qui aurait tout le loisir de l’accabler plus tard, quand elle serait seule… Elle avait l’impression désagréable que le temps passé avec Malik lui glissait inexorablement entre les doigts, insaisissable bonheur fugace.

Juste avant de fermer sa valise, Malik sortit un canif de sa trousse de toilette. Il proposa à Émilie de graver leur passage dans cette chambre. Cette idée plut à la jeune femme, qui sentit un élan d’amour jaillir de sa poitrine. Décidément, rien n’était commun chez Malik. Ils gravèrent ensemble « E+M 03/05/15 » sur le chambranle de la fenêtre, côté océan, de manière que l’inscription ne fût pas visible par la femme de ménage. Ils venaient d’inscrire hors de l’immatériel ce week-end magique.

Ils reprirent la route vers Paris en silence. À mi-parcours, le téléphone d’Émilie vibra sous la réception d’un SMS. Elle ouvrit son sac, sortit l’appareil, lut rapidement le mot et dit à son compagnon :

— C’est ma tante. Elle me demande comment je vais et me propose de m’héberger chez elle, à Challans, le temps que je retrouve du travail. Elle est vraiment adorable…

— En effet, confirma Malik d’un ton un peu grave.

Émilie perçut le côté chagrin de cette réponse marmonnée sans enthousiasme. Se pouvait-il qu’après si peu de jours passés en sa compagnie il tienne déjà tant à elle ? Elle garda sa réflexion pour elle, se pencha sur l’écran tactile du Smartphone et saisit la réponse : « Bonjour Sandra. Je vais un peu mieux. Je te remercie pour ta proposition. Pour l’instant, je suis chez Caroline, à Paris. Je vais peut-être chercher un poste ici… Je vais voir… »

« Le Repentir » : exercice d’écriture

But de l’exercice, réalisé dans le cadre de l’atelier d’écriture animé par Marilyse Trécourt : avouez à vos amis, en quelques phrases, que vous êtes un menteur pathologique, que vous leur avez toujours menti.

***

« Les amis… Ce que j’ai à vous dire, c’est dur pour moi, vraiment… Allez, je me jette à l’eau !

J’ai jamais travaillé chez Gucci. En fait, Carole, les lunettes que je t’ai vendues, ce sont des imitations que j’ai trouvées sur Internet. Je travaille dans un pressing.

Arnaud, le week-end du 16 avril, pour tes 40 ans, je ne m’étais pas rendue à l’enterrement de ma mère. J’avais juste pas envie de voir ta nouvelle copine. Elle m’exaspère. Ni Francis, qui sent trop mauvais.

Audrey, je n’aime pas tes gosses. Je dis toujours qu’ils sont adorables, mais ils sont justes intenables, mal élevés et trop gâtés.

Joëlle, il y a trois ans, je t’ai dit que j’avais bien apporté tes documents importants au siège de la société, mais je les ai mis dans le broyeur. Je voulais ton poste.

Jade, tu te rappelles Axel, ce mec avec qui tu espérais te marier et qui ne t’a jamais donné de nouvelles… Eh ! bien, c’est ma faute ! Je l’ai un peu dragué et, tu sais, personne ne me résiste.

Et Fabrice, je t’avais dit que Gaëlle était partie vivre à l’étranger… ben en fait… je l’ai enterrée dans la forêt. »

– Hélène Destrem –

Roman « Comptes à rebours »

Comptes à rebours, est un roman contemporain qui mêle suspense, amour passionné et érotisme. Une histoire palpitante qui court contre la montre, au rythme de chapitres enlevés qui se décomptent de 10 à 0.

Quatrième de couverture :

Printemps 2016. Émilie débarque à Paris en catastrophe. Des événements pénibles l’ont poussée à fuir la région où elle a grandi. Elle compte sur la distance et sa disparition soudaine pour être débarrassée de ces mauvais souvenirs. Ses seuls repères sont une amie parisienne et une tante, grâce auxquelles elle espère retrouver un peu de sérénité.

À peine arrivée, Émilie fait la connaissance de Malik, croisé dans le métro.

Comptes à rebours est l’histoire d’une rencontre ordinaire, d’un amour intense, d’une ascension, d’une chute… Une histoire palpitante que nous avons décidé d’écrire à deux, pour vous donner les deux versions. Celle d’Émilie et celle de Malik. Le face et le pile de leur histoire.

Deux personnages, deux auteurs, deux styles. Onze chapitres écrits à quatre mains, qui posent juste une question : « Quel est le prix à payer pour être enfin aimé ? »

Voici la réponse d’Émilie.

Deux récits parallèles, vivant séparément, mais indissociables.

À propos de l’éditeur :

Comptes à rebours est publié, depuis juin 2017, par Books on Demand, en édition indépendante.

En cette fin d’année 2018, le roman change de peau et va afficher une nouvelle illustration de couverture, mieux adaptée à son contenu. Elle a été réalisée par Matthieu Biasotto et elle est la propriété exclusive de l’auteure.

Roman Comptes à rebours, 136 pages.

Pour découvrir les avis des lecteurs, c’est PAR ICI.

Des détails concernant le roman, l’idée de départ et les personnages, sont à lire PAR ICI.

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