Critiques littéraires du roman « La Légende du futur »

Fiche de lecture – Le Galion des étoiles – 26 août 2012 :

La première chose qui me frappe d’entrée lorsque je tiens cet ouvrage dans mes mains, c’est le soin apporté à sa confection. La couverture cartonnée est à la fois douce et robuste, les textes et illustrations sont joliment mis en valeur sur un fond gris clair. Les couleurs sont bien choisies : optiquement, c’est à la fois sobre et harmonieux. A l’intérieur, la mise en page du texte est impeccable et le papier des pages est agréable au toucher. Pour tout amateur des beaux objets que sont les livres, celui-ci est un plaisir. Cela peut paraître un tantinet pointilleux de ma part de m’attarder sur ces aspects, mais comme le monde de l’édition semble en pleine effervescence ces temps-ci, il me semblait important de relever le fait que ce livre se démarque du lot de par sa qualité (confection + contenu).

En lisant le résumé se trouvant sur le quatrième de couverture (une femme d’une époque future précipitée dans le passé), j’ai immédiatement pensé à un autre roman : Le Chardon et le Tartan, de Diana Gabaldon. Si j’ai bien aimé cet ouvrage, il est vrai aussi que, appréciant l’originalité, je n’aurais pas voulu trouver en La Légende du Futur une histoire similaire. Mais je suis totalement rassurée : mis à part que les héroïnes sont des femmes, et qu’elles se retrouvent dans le passé, il n’y a absolument aucun point commun entre ces deux livres. Ce sont des histoires bien différentes, et en ce qui me concerne, je dirai que ma préférence va à celle d’Hélène Destrem…

De quoi parle La Légende du Futur ?

Arwenia est une scientifique qui travaille sur le projet d’une machine permettant de voyager dans l’espace et le temps. Quand celle-ci est au point, la jeune femme se porte volontaire pour essayer son invention, après que les tests effectués sur un chien aient été concluants. Sa destination ? Le 28 mars de l’an 476. Le haut Moyen Âge dans la Bretagne du roi Arthur. Et c’est en pleine guerre du Mont de Badon, entre deux armées qui s’affrontent avec hargne, qu’Arwenia va faire son irruption dans cette époque. « Recueillie » sur le champ de bataille par le roi Arthur, qui la considère comme une fée, la jeune femme va profiter des avantages liés à ce statut pour s’installer dans son château et bénéficier de sa protection. Elle y fera la connaissance de gens très différents. Entre la jalousie de la reine, les traîtrises des gens de la cour et le mystère qui enveloppe certaines personnes, Arwenia va devoir se montrer prudente de sorte que ses origines et sa véritable identité ne soient pas découvertes. C’est alors que va débuter sa propre quête du Graal…

Je dois dire que dès le premier chapitre, le ton est donné. L’auteure, Hélène Destrem, nous plonge au début du haut Moyen Âge en plein cœur de la Bretagne. Ses descriptions sont saisissantes. Elle dépeint si bien cette époque, qu’on s’y croirait ! Il apparaît très clairement qu’elle a effectué des recherches considérables sur le sujet. Elle va même jusqu’à utiliser parfois du vocabulaire spécifique à cette époque, mots pour lesquels on trouvera une explication détaillée en bas de page. Le travail de recherches et de documentation est donc remarquable.

L’écriture d’Hélène Destrem est soignée. Sa plume est fluide, son histoire est passionnante et m’a captivée du début à la fin. Il n’y a pas de temps mort, le rythme est soutenu, ponctué d’un suspens bien dosé. J’ai adoré le fait d’incorporer de la science-fiction dans le haut Moyen Âge. J’ai beaucoup apprécié les parallèles entre cette époque d’antan et le monde futur. Je me suis imprégnée de ce monde de légendes anglo-saxonnes sur lequel l’auteure a construit et brodé son récit, au plus près de la réalité. Lorsqu’Arwenia s’installe au château d’Arthur, elle va (re)découvrir des choses – pourtant simples – qui se sont perdues au travers des siècles, puisqu’en l’an 2134, là d’où elle vient, la Terre et l’humanité se meurent. Ces passages sont si bien décrits, que je pouvais moi aussi sentir sur mon palais les saveurs des plats cuisinés à l’ancienne, apprécier le toucher d’une belle étoffe et sentir son contact sur ma peau, frissonner dans ces grands couloirs sombres du château et me réchauffer dans les pièces plus cosy, …

La Légende du Futur, c’est aussi une histoire d’amour, profonde et sincère, entre deux êtres issus de deux époques très éloignées l’une de l’autre, un amour qui perdure au-delà des méandres du temps. C’est aussi les aventures de personnages variés et attachants, que l’on pourra suivre en parallèle de la vie d’Arwenia. C’est également une histoire forte, qui amène son lot d’émotions. Certains passages très durs apportent une touche de crédibilité supplémentaire au récit. Eh oui, les conditions de vie au haut Moyen Âge étaient rudes et les vies de certains êtres humains n’avaient que très peu de valeur…

Je voudrais maintenant en venir à l’aspect scientifique du roman. A la fin de ma lecture, j’avais des questions quant à la fameuse invention d’Arwenia. Je voulais comprendre comment une machine à voyager dans le temps, implantée au cœur d’un vaisseau spatial, pouvait permettre également la conquête de nouvelles planètes. J’ai donc questionné Hélène Destrem à ce sujet. Et je dois dire que j’ai été agréablement surprise par sa disponibilité pour répondre à mes demandes, afin de satisfaire ma curiosité. Mais plus que cela, je me suis rendue compte que l’auteure, en plus d’avoir des connaissances approfondies des légendes arthuriennes, possède également un solide bagage scientifique ! Les explications qu’elle m’a fournies étaient étayées sur des faits scientifiques et imagées par des exemples concrets.

En conclusion, vous l’aurez compris, j’ai été séduite par cette lecture qui mélange harmonieusement médiéval, science et science-fiction, au travers d’un récit palpitant qui tisse des parallèles entre le passé et le futur, avec des personnages hauts en couleur et attachants. C’est un livre que je vous recommande chaudement. Pour ma part, je place La Légende du Futur parmi mes coups de cœur de l’année.

Koyolite Tseila

Critique sur le blog Dark Limelight – 20 septembre 2012 :

Le récit de La Légende du futur, premier roman d’Hélène Destrem, commence par l’irruption dans le passé d’Arwenia, scientifique de l’an 2134, un passé pour le moins extraordinaire : il s’agit en effet de celui qui aurait vu se forger la mythologie de la Quête du Graal. Dans le futur, son mystère demeure entier. Arthur et ses chevaliers ont-ils réellement existé ? Et tous les autres acteurs de cette incroyable histoire ? Pour les contemporains d’Arwenia, ce n’est qu’une légende. Mais la jeune femme à la chevelure d’un roux flamboyant, attirée depuis toujours par cette lointaine époque, s’est mis en tête de prouver scientifiquement l’existence des hommes et des femmes de ce haut Moyen Âge, qui vécurent plus précisément en 476. Dans les laboratoires du Centre Européen de Recherches  Spatiales (CERS), elle vient de mettre au point un prototype de machine à voyager dans le temps. La patience n’étant pas son fort, sans attendre l’aval de ses supérieurs, elle décide de tester son invention sur elle-même. C’est ainsi qu’elle apparaît subitement aux yeux de centaines de guerriers, en pleine guerre du Mont de Badon. Là voilà immédiatement promue au rang de fée par ces hommes enclins à la superstition. Ce qu’elle ne sait pas encore, c’est qu’elle va sans le vouloir créer un paradoxe temporel qui va tout remettre en question, aussi bien dans le passé que dans le futur…

Sur l’échiquier de son histoire, l’auteur place avec une habileté diabolique les pièces de sa propre vision de la légende du Graal, non sans s’appuyer sur un travail de recherche qui force le respect, tant il est riche et détaillé. Camelot se matérialise sous nos yeux, on s’y promène, on y croise ses habitants, on hume ses odeurs, on régale nos yeux de ses couleurs, nos doigts de ses textures…  L’immersion dans le récit est totale. Les icônes de la légende prennent vie. Magie de l’écriture… L’on devient l’espace de quelques heures les témoins privilégiés et émerveillés de scènes du quotidien intime d’Arthur et de ses chevaliers, de l’enchanteur Myrddin (forme galloise de Merlin), de la reine Gwenwhyfar (forme galloise de Guenièvre), de Viviane, la Dame du Lac, ou encore de Morgane, la sœur d’Arthur. C’est un réel enchantement de pouvoir les suivre ainsi au fil de l’écriture d’Hélène Destrem. Mais ce délice ne doit pas faire oublier l’histoire, romanesque à souhait. Entre mystères, complots, traîtrises et amours, tous les ingrédients sont réunis pour vous plonger au cœur d’une aventure incroyable, au cours de laquelle l’auteur reprend avec un plaisir évident chaque symbole de la légende arthurienne, pour nous en livrer sa propre explication. Mais que l’on se rassure, il ne s’agit que d’une interprétation, parmi d’autres existant déjà. Au final, le mystère reste entier, la magie de la légende, intacte.

Le passé médiéval est ouvert à l’imaginaire, l’air y est pur, les espaces, libres, presque sans limites. Le futur au contraire, est un monde étroit, confiné, qui emprisonne les êtres dans un réseau étouffant de règles et de contraintes. Entre les deux s’érige une zone d’incertitudes, no man’s land propice à une réflexion sur notre propre présent. Nous avons un peu trop vite oublié d’où nous venions et ne sachant pas où nous allons, il nous est si facile de dilapider les richesses de la terre, en toute inconscience et impunité. Il est certain que si nous continuons à ne pas nous soucier du futur, ce futur qui s’approche à grands pas pourrait se révéler semblable à ce cauchemar décrit par l’auteur.

Coup de cœur pour cet ouvrage alliant sens du romanesque et réflexion écologique et humaniste, ciselé dans une très belle écriture, pour un plaisir de lecture complet.

  © Marie Fontaine

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