Le poisson qui n’aimait pas l’eau

Pour cet exercice, il s’agissait d’écrire un texte avec les transitions suivantes : Je dois vous avouer – c’est pourquoi – tout à coup – c’est vrai que – j’avais prévu le coup – conclusion.

Voici ma petite production :

Le poisson qui n’aimait pas l’eau

 

Je dois vous avouer que ma vie n’a rien d’un long fleuve tranquille. Vous m’observez, me déplaçant paisiblement dans mon bassin d’eau saumâtre, du matin au soir et du soir au matin, avec une nonchalance que bon nombre d’entre vous m’enviez. Mais, imaginez-vous seulement le calvaire que je vis ? Avez-vous la moindre idée du cauchemar que c’est, pour un poisson, d’être condamné à rester emprisonné dans ce liquide dégoûtant, sans espoir de pouvoir explorer de grands espaces, de sentir la caresse du vent sur ses écailles, ou d’admirer les nuages sans ce filtre flou qui gâche la vue ? Je suis sûr que non. C’est pourquoi j’ai mis au point un stratagème infaillible. Chaque jour je m’entraîne. Tout le monde sait que l’entraînement est gage de réussite. Chaque jour, donc, je m’entraîne à sauter hors du bassin. Au début, les jeunes passants s’extasient : « Oh ! Maman ! Regarde le poisson rouge qui saute ! » Tandis que, peu à peu, mes cabrioles se font plus précises et me rapprochent du bord du bassin. Les premiers à trouver cela étrange sont les enfants – leurs parents n’en ont rien à faire d’un poisson qui se prend pour un dauphin.

— Maman ! On dirait qu’il veut sortir de l’eau, le poisson !

— Mais non, mon cœur. Un poisson, ça ne veut rien. Ça ne pense pas.

Qu’en sait-elle ? Elle a étudié nos profils psychologiques ?

Tout à coup, c’est l’extase ! La prise d’élan la plus parfaite, le mouvement de queue le plus puissant, et me voilà propulsé hors de cette flotte maudite !

« I believe I can flyyyyyy ! »

Et patatras ! Voilà que je m’échoue lamentablement sur le bitume. La claque est rude, mais ce n’est pas ma première fois. L’enfant et sa mère ont sursauté et se précipitent déjà vers moi. Des mains m’attrapent.

« Mais reposez-moi, bon sang ! »

Ils vont me remettre à l’eau, ces secouristes du dimanche ! C’est vrai que je commence à manquer d’air. Tout tourne autour de moi. Je ne sais pas si c’est parce que je suffoque ou parce que l’enfant me trimbale dans tous les sens. Aussi insaisissable qu’une savonnette, je lui glisse des mains. Je vais encore manger du goudron ! Mais non ! Sa mère me rattrape in extremis et me remet à l’eau, dééélicaaaatement. Ils me regardent avec compassion. Qu’est-ce qu’ils sont pénibles, ces humains ! Mais j’avais prévu le coup. Des semaines que je m’entraîne ! Le temps de reprendre mon souffle et je file à l’extrémité du bassin. J’attends que l’enfant et sa mère soient partis. Ça y est, c’est le moment ! 4… 3… 2… 1… Go ! Je fonce sous l’eau telle une torpille, lève le nez vers le soleil qui m’éblouit, envoie un ultime coup de queue, et c’est partiiii !

« Merde ! Une mouette ! Nooooon ! »

Remarquez, maintenant me voilà parti pour de bon vers les cieux. Je ne pouvais pas rêver mieux…

En conclusion, allez avec confiance dans la direction de vos rêves et mourez avec panache !

– Hélène Destrem –

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